ANNE CHEVALME
Deux vies.
Un seul pont.
1.2.3 Cité Cap n’est pas né d’une étude de marché. Il est né d’une question que personne ne posait encore — et d’une décision de ne plus rester des deux côtés sans faire le lien.
L’ORIGINE · 2012
Une question que
personne ne posait
Je travaillais dans des établissements médico-sociaux, des centres de formation, des réseaux de la surdité en Bourgogne. Et dans ma vie personnelle, j’avais envie d’être spectatrice — aller voir des concerts, du théâtre, de l’opéra.
Je me suis posé la question : pourquoi les jeunes, les adultes, les enfants avec qui je travaille au quotidien ne se retrouvaient pas dans les lieux que je fréquentais en dehors du travail ? À cette époque, pour beaucoup de structures culturelles, ce n’était pas au cœur des questionnements.
Je me suis investie dans des associations locales à Dijon. J’ai proposé un accueil en langue des signes dans un festival de cirque, en me demandant simplement : est-ce que le public sera au rendez-vous ? Il se trouve que oui — petit à petit. Parce qu’il savait qu’il y avait quelqu’un.
À force de rendre l’invisible visible, la Ville de Dijon m’a contactée. J’ai structuré ces missions par la création d’une micro-entreprise. Ce qui a commencé à Dijon s’est étendu au niveau national.
LE RENVERSEMENT
Pas de l’accessibilité.
De l’accueil.
Les structures culturelles ont des cahiers des charges à respecter — notamment les normes liées au cadre bâti. Une obligation, une crainte de ne pas les respecter. Je suis arrivée avec une dimension différente.
L’accessibilité, c’est comme l’écologie : c’est souvent la dernière chose à laquelle on s’attache. D’une région à l’autre, les occasions de bien vivre un lieu culturel quand on est en situation de handicap sont plus ou moins rares.
J’aimerais enlever tous ces mots, toutes ces rubriques. J’aimerais parler d’accueil. Quand on accueille un public — quand c’est bien fait — on tient compte des spécificités de chacune et chacun, que le handicap soit visible ou invisible.

LA CONVICTION
Le travail de fourmi
qui s’inscrit dans la durée
Cette chaîne de l’accessibilité concerne tout le monde dans une équipe : la technique, la communication, la programmation, la médiation. Chaque rôle a la même importance. Pour avoir le même vocabulaire commun, la même attention — ça passe par la formation.
J’ai construit une formation qui s’appelle Initiation par l’action. Elle passe par le corps, par des mises en situation dans le lieu où l’équipe a l’habitude de travailler — pour revisiter ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, ce qu’on peut changer dès demain.
Ce que j’apprécie maintenant, c’est le travail dans la durée avec une équipe motivée. Et surtout — la rendre le plus autonome possible. Une fois les bonnes pratiques acquises, ça fait partie du fonctionnement global. Je suis de moins en moins nécessaire. C’est exactement l’objectif
« Ça fonctionne encore mieux quand la directrice inscrit cette volonté dans les réunions hebdomadaires. Quand ça fait partie de la vie du lieu. »
Tout ça relève de l’accueil. Comment faire un pont entre les uns et les autres. Parfois ça se résume à être là — dans cette écoute.
Et si déjà on pouvait bien accueillir les professionnels qui viennent — c’est déjà un bon test. Quand quelqu’un vous fait la visite, vous demande si vous voulez un verre d’eau, vous dit où poser vos affaires, où sont les toilettes — ça demande beaucoup moins d’efforts pour dialoguer. Voilà. C’est la base.
FORMATION · ARTE FORMATION
Initiation par l’action — une formation de deux à trois jours, construite avec Jérémie Tourneur, pour revisiter son lieu par le corps et le vécu commun.
Portée administrativement par Arte Formation · Proposée aux lieux culturels et festivals sur tout le territoire
Chaque lieu est différent.
L’accompagnement commence toujours par une conversation — sur le lieu, le projet, ce qui existe déjà et ce qui manque encore.