
Depuis 2012, j’apprends aux lieux et aux festivals ce que les normes ne disent pas : accueillir vraiment celles et ceux qu’on laisse, sans le vouloir, sur le seuil — le public sourd, malvoyant, empêché, qu’on le voie ou non.

PARMI LES PARTENAIRES




Les lieux culturels ont des cahiers des charges : les normes du cadre bâti, les obligations légales. La crainte de ne pas les respecter. Parfois la peine de ne pas pouvoir.
Je suis arrivée avec autre chose. L’accessibilité, c’est comme l’écologie : c’est la dernière chose à laquelle on s’attache. D’une région à l’autre, bien vivre un lieu culturel quand on est en situation de handicap reste rare.
J’aimerais parler d’accueil, pas d’accessibilité.
Accueillir, quand c’est bien fait, c’est tenir compte de chacune et chacun — que le handicap se voie, ou non.
Rien ne se voit. Elle est en forme, ce soir. Demain, elle n’en sait rien — l’endométriose, la douleur qui va et vient, la fatigue qu’on ne montre pas.
Je viens demain voir un spectacle. Aujourd’hui je suis en grande forme. Demain — qu’est-ce que j’en sais ?
Bien l’accueillir, ce n’est pas un dispositif. C’est une chaise dans le hall, posée là où il faut. Quelqu’un à la billetterie que sa question n’étonne pas. Une place d’où elle peut sortir sans déranger toute une rangée.
Des détails. Mais ce sont les détails qui séparent un public de sa place dans la salle. Le travail commence là — où personne n’avait encore regardé.
Langue des signes française — pratique native, pas un prestataire de passage.
ans de terrain
en médiation culturelle
Des partenaires qui reviennent d’une édition sur l’autre.
Lieux, festivals, collectivités. La conversation précède toujours le contrat.
Pour les personnes sourdes et malentendantes, un concert a longtemps voulu dire : y assister sans y participer. Le gilet vibrant déplace cette frontière.
Porté pendant le spectacle, il traduit les fréquences sonores en vibrations ressenties dans le corps — une façon d’habiter la musique autrement, sans hiérarchie entre les manières de l’entendre.
Ni gadget, ni substitut. Un seuil vers une expérience que beaucoup n’avaient jamais pu vivre.

On regarde le lieu, la programmation et les supports avec les yeux de ceux qu’on oublie d’inviter. On forme les équipes d’accueil.
Médiation en langue des signes, coordination des dispositifs, présence. On accueille, pour de vrai.
Un bilan, des repères pour la fois suivante. Et, peu à peu, une équipe qui n’a plus besoin de moi.
CE QUI RESTE
On a formé un groupe de bénévoles pour accueillir le public non-voyant : visites tactiles de la régie, des projecteurs, de la scène, avant que le concert commence.
Ce groupe existe toujours.
C’est la seule preuve qui compte. Pas ce qu’on a fait pendant qu’on était là — ce qui reste, une fois qu’on est parti.
CE QUE JE CHERCHE
1.2.3 Cité Cap ne crée pas de dépendance. Tout l’accompagnement vise à transmettre, pour que l’accueil devienne une habitude du lieu — pas une intervention qu’on rappelle chaque année.
Une fois les bonnes pratiques acquises, on aura de moins en moins d’échange — et c’est exactement l’objectif.
POUR QUI
Il vous manque par où commencer. C’est avec vous que le travail prend — celles et ceux qui veulent que ça change pour de bon, pas seulement cocher une case.
Ce que je ne fais pas : la mise en conformité du cadre bâti, les rampes, les normes PMR. C’est le métier des architectes et des bureaux d’études. Le mien commence après — quand le bâtiment est aux normes, mais que le public, lui, ne se sent toujours pas attendu.
Ce n’est pas la loi qui fait venir les publics. C’est l’accueil réel.
Accompagnement annuel en accessibilité globale : formation des bénévoles, médiation en LSF, gilet vibrant pour les concerts, adaptation des supports de communication. Un partenariat qui s’approfondit d’édition en édition.




1.2.3 Cité Cap ne crée pas de dépendance. L’accompagnement vise à transmettre — pour que l’accessibilité devienne une habitde du lieu, pas une intervention extérieure répétée à l’infini.